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Retour sur les Journées Techniques Eau et Déchets (JTED 2016)

Les Journées Techniques Eaux et Déchets (JTED 2016) se sont déroulées les 16 et 17 novembre à l’INSA de Toulouse*. L’événement a été ouvert par Marie-France Barthet, Conseillère régionale et Vice-présidente de Madeeli. Orientées sur la valorisation des matières issues des eaux résiduaires et des déchets, ces journées ont connu une fréquentation record puisqu’elles ont rassemblées 180 participants. Une cinquantaine d’entreprises étaient présentes, une centaine de personnes issues du monde de l’enseignement et la recherche, ainsi que 30 représentants d’institutions ou structures d’accompagnement des entreprises. Ce succès témoigne d’un intérêt croissant pour la valorisation des déchets, qui sont aujourd’hui considérés comme de nouvelles ressources.

Mise en évidence du potentiel existant

La première session de ces journées a mis en évidence le potentiel des flux de matières résiduaires ou de sous-produits, dans l’évolution de nos sociétés vers l’économie circulaire. Des visions très comparables ont été présentées pour les différents déchets (du secteur agro-alimentaire, les sous-produits agricoles, ou ceux des sous-produits de la mer). Globalement, de nouvelles filières doivent être imaginées et conçues pour apporter une plus grande valeur ajoutée aux sous-produits et pour permettre une valorisation locale, si possible. Basés sur des approches de fractionnement ou des concepts de bio-raffinerie, cette économie de la matière organique ouvre des voies nouvelles, autres que la simple valorisation énergétique (méthanisation).

Présentation des procédés innovants pour la transformation de carbone organique

Lors de la deuxième session de ces journées, des procédés innovants pour la transformation de carbone organique étaient présentés. Les voies de l’extraction sélective, comme celle de la biolignine (société CIMV) sont tout à fait prometteuses pour valoriser les sous-produits ligno-cellulosiques issues du bois ou même de la paille. Concernant la valorisation des déchets gras, l’oléochimie apporte différentes voies de transformation vers les acides gras et les esters utilisables en tant que biocarburants ou lubrifiants. Les laboratoires de recherche et les CRITT toulousains travaillent de leur coté sur l’extraction au CO2 supercritique. Enfin, l’une des voies les plus prometteuses est l’utilisation de fermentations microbiennes nouvelles et dirigées. Par exemple à partir de boues de stations d’épuration, il est aujourd’hui possible de produire des bioplastiques biodégradables (société Veolia et LISBP). La conversion des bio-déchets en acides organiques par fermentation acidogène permet aussi la production de molécules plus complexes et cette étape est en phase d’industrialisation (société Biothink).
Abordée lors de la deuxième journée, la valorisation des nutriments (azote, phosphore, …) issus des déchets et eaux usées est également un enjeu majeur. La méthanisation des matières organiques est une méthode efficace de minéralisation et solubilisation de l’azote et du phosphore. Les technologies de cristallisation permettant de produire des fertilisants minéraux ont été présentées (sociétés Naskéo et Suez). Les retours d’expérience concernant la production de struvite (phosphate d’ammonium et magnésium) à partir du phosphore des boues montrent que la technologie est maintenant mature, et adaptée aux stations d’épuration équipées de digestion anaérobie. Pour un recyclage de l’azote des eaux usées domestiques, la séparation à la source de l’urine est aujourd’hui de plus en plus envisagée par de grandes métropoles comme Paris. Enfin, les chercheurs des laboratoires organisateurs ont présenté une synthèse des projets de recherche actuels sur le sujet. Les tables rondes ont montré la nécessité d’une homologation des produits minéraux issus des eaux usées pour catalyser le déploiement de ces procédés.
Les journées se sont terminées par une visite de la station d’épuration de Cugnaux qui accueille les pilotes du projet SMS pour l’étude des techniques de séparation à la source des eaux usées.

*Cet événement est organisé par les Mines Albi Carmaux, l’INSA Toulouse, l’INRA, le LISBP, le Sivom de la Saudrune, l’INP Toulouse et Madeeli, avec le soutien d’Astee, du Pôle Eau et de la SFGP.

Voir les présentations

Session 1

Session 2

Session 3