AccueilactualitésVisites d’entreprises dans les Cévennes : quand l’éloignement devient une force

Visites d’entreprises dans les Cévennes : quand l’éloignement devient une force

Les Cévennes se démarquent par la présence de nombreuses productions artisanales et la pluriactivité de ceux qui y travaillent. De la châtaigne au « Pélardon », en passant par les plantes aromatiques et l’artisanat d’art, les vallées cévenoles grouillent d’initiatives et de produits à haute valeur ajoutée. La Communauté de Communes des Cévennes au Mont Lozère et l’Association Territoriale Causses-Cévennes ont proposé, le 13 septembre 2017, une journée de travail sur le terrain à l’attention de Madeeli et de Lozère Développement.

Les Chargés de mission des deux agences ont pu approfondir leur connaissance du territoire, afin de le valoriser au mieux auprès de porteurs de projets. Tour d’horizon d’une activité économique spécifique, efficace et en appui sur les ressources du territoire.

Culture et artisanat d’art en étendard

La Commune nouvelle du Pont-de-Montvert – Sud-Mont-Lozère a misé sur l’accueil d’artisans d’art avec la création d’une résidence d’entreprise aujourd’hui occupée par Christine Pinter, céramiste et Valérian Van Hooteghen, dessinateur de bandes dessinées. Ils font partie des 26 adhérents de l’Association des Métiers d’Art en Cévennes (AMAC) qui développe un réseau dynamique de créateurs d’arts en Lozère.
A quelques kilomètres se trouve la zone d’activité de Mas Méjean, aménagée au cœur du Parc National des Cévennes pour que les chefs d’entreprises puissent installer, non seulement leur activité, mais aussi leur logement familial. L’accueil touristique y côtoie le numérique, grâce la présence d’une jeune graphiste, et des activités artisanales. A quelques pas, le bâtiment d’une ancienne colonie de vacances présente un fort potentiel pour une activité liée à la culture et à l’accueil.

Une importante activité liée aux bois…

En Vallée Longue, l’économie liée au bois est très importante. Le massif forestier des Cévennes est composé de pins maritimes, mélèzes, douglas mais aussi de l’emblématique châtaignier. Afin de favoriser le développement de la filière bois, une zone d’activité a été aménagée à Saint-Privat-de-Vallongue. Les élus locaux souhaitent y accueillir des entreprises de la première et de la deuxième transformation du bois, notamment des activités de valorisation du tanin de châtaignier.

Cette espèce emblématique de la région, est exploitée d’abord pour son fruit par de nombreux producteurs dont la plupart relèvent de l’agriculture biologique. Un atelier de transformation porté par la Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole – CUMA – du Pendédis et la Communauté de Commune, regroupe aujourd’hui une centaine de coopérateurs et traite 30 tonnes de châtaignes par an. Cet atelier est heureux de son succès avec une demande d’occupation croissante qui pousse les producteurs à installer deux autres ateliers de transformation de la châtaigne localement, à Sainte Croix Vallée Française et à Saint Julien des Points.

…et de fortes opportunités de développement dans le secteur agroalimentaire

A Saint-Julien-des-Points la Communauté de communes aménage une zone d’activité dédiée à la transformation agroalimentaire. Des producteurs locaux vont s’y installer : un brasseur, un groupement de castanéiculteurs, un éleveur de volaille et un fabriquant de plats cuisinés à partir de gibier. Tous ont la volonté de se retrouver dans cette zone pour mutualiser leurs outils et leurs coûts de production. L’isolement géographique renforce l’entraide et favorise les collaborations.

Enfin, la journée de de travail s’est achevée en Vallée Française avec la visite de la Coopérative agricole de la Fromagerie des Cévennes à Moissac-Vallée-Française où le gérant, Frédéric Monod, gère 18 salariés et valorise le lait de 14 fournisseurs. La fromagerie a une capacité de transformation de 1,5 million de litres de lait, mais ne transforme que la moitié de ce volume, faute d’approvisionnement suffisant en lait de chèvre AOP Pélardon.

A Sainte-Croix-Vallée-Française, la zone d’activité regroupe différents producteurs locaux. Un atelier de transformation dédié au végétal a ouvert en 2014 et regroupe plus de 50 membres. Juste à côté, la CUMA Viande, créée en 1993 est également très sollicitée. Aujourd’hui, ses huit adhérents y transforment de la viande de mouton, du poulet et du porc. Entre 15 et 20 tonnes de carcasses sont valorisées chaque année. Chacun commercialise ses produits en vente directe.

Le bâtiment du GIE Plantes Infuse est également à proximité. Le jour de la visite, le GIE avait mis son outil de distillation à disposition du Gaec Plantes des Cévennes qui cultive 0,8 hectares de plantes aromatiques. Adapté aux petites productions, le Gaec transforme et valorise chaque plante « jusqu’au bout » grâce à la mise en place d’une ligne de cosmétiques certifiés Nature et Progrès. A côté, la menuiserie Valbois, dirigée par Ludovic Malheutier, emploie 3 salariés. Son lancement a été permis par une campagne de financement participatif.

Les Cévennes en quelques mots

En fait, la spécificité des Cévennes tient en la diversité des activités du territoire et à un positionnement des entreprises sur des produits de grande qualité en petites quantités. Les certifications (Agriculture Biologique et Nature et Progrès) sont un levier important pour la commercialisation. Engagés, les acteurs locaux valorisent leurs matières premières jusqu’au bout de la chaîne de valeur et s’approvisionnement localement.

Accompagnés par les élus et des agents de développement du territoire, accueillis par les entrepreneurs, les chargés de mission de Madeeli et Lozère Développement ont conforté leur vision de ce territoire unique au potentiel indéniable.