AccueilactualitésVu au MBS : la filière ovine recrute

Vu au MBS : la filière ovine recrute

Madeeli, co-organisateur du Mountain Business Summit (MBS) aux côtés d’ABE a suivi pour vous la table-ronde “Installation en élevage ovin” où intervenaient les professionnels de la filière ovine que sont Interbev, Terre Ovine et Inn’OVIN Occitanie.

Développer l’économie locale, maintenir la valeur au niveau du territoire, innover : des enjeux à ne pas négliger ! Aujourd’hui, le contexte économique est globalement favorable pour la production d’ovins alors même que, dans les prochaines années, les départs d’éleveurs à la retraite vont être massifs. Éleveurs à plein temps ou en complément de revenus, bienvenue ! La filière recrute.

La filière ovine en bref

L’Occitanie/Pyrénées-Méditerranée est la première région française productrice d’ovins (filière allaitante et laitière). La région compte 1 734 000 brebis viande et laitière. Le département du Lot est le premier producteur régional d’ovins viande. La filière laitière est largement dominée par le Roquefort (+ de 1900 éleveurs sur le rayon de Roquefort ; Tarn, Aveyron, Lozère).
Au niveau européen, quatre millions de têtes sont produites chaque année. L’Espagne, puis le Royaume Uni sont en tête pour la filière allaitante. Au niveau mondial, la Chine reste le 1er producteur.

40 % de notre consommation produite en France

La filière ovine française est déficitaire. En effet, 40% seulement de notre consommation est produite en France. Le Royaume Uni et l’Irlande exportent de l’agneau à bas-coût. La Nouvelle Zélande exporte également, en majorité des viandes congelées.

L’âge moyen du consommateur de viande d’agneau augmente. En effet, 76% des consommateurs sont âgés de plus de 50 ans. Ceci s’explique en partie par le fait que les épaules ou gigots d’agneaux sont jugés comme “peu pratiques” par le consommateur plus jeune. Des actions ont d’ailleurs été menées auprès des bouchers pour promouvoir de nouvelles techniques de découpe, avec des formes piécées.

La valorisation de l’agneau français

Le prix de la carcasse fraiche d’agneau était de 6,8 €/kg en juin 2015. Ce prix, qui est celui de la carcasse-type (17-18 kg) d’un agneau jeune, est valorisant par rapport au prix européen, plus proche de 5€/kg. Les signes officiels de qualité (IGP, Label Rouge), ainsi que le développement des circuits courts permettent de conserver la valeur ajoutée.
L’agriculture bio se développe également avec 30 200 têtes annuelles produites.

En savoir plus sur les produits sous signes d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO) d’Occitanie

Les agneaux de la région sont valorisés en priorité dans les démarches sous signes officiels de qualité (soit 15 % de la production de viande ovine nationale). Mais en Occitanie, les agneaux des brebis laitières, Lacaune, représentent une production significative (+ de 800 000 agneaux par an). Cette production saisonnière de début d’année est également exporté en Europe : Italie, Espagne…
Au niveau très local, l’agneau AOC de Barèges-Gavarnie est un mouton castré (2 ans) produit en estive. Ce produit n’a pas de marché en dehors de sa zone de production.

L’exemple de l’abattoir de St Gaudens (Haute-Garonne)

Cet abattoir affiche un bilan de 80 000 bêtes abattues par an dont 57 000 agneaux. C’est un abattoir “intermédiaire”, géré en régie municipale.

“Le problème est que les sous-produits sont systématiquement boudés . Ainsi, la peau, le cuir, les boyaux trop petits, les pieds d’agneaux sont jetés. Et même pour les abats, c’est très compliqué… De nos jours, le prix de l’agneau est uniquement fixé sur la carcasse” indique Eric Barnay, Directeur de l’abattoir.

Le comité Inn’OVIN d’Occitanie

Ce comité, crée au sein de l’INTERBEV, regroupe tous les acteurs économiques, techniques et de défense de la filière ovine régionale. Son objectif est de mieux faire connaitre le métier d’éleveur, de susciter des vocations, en montrant les bénéfices environnementaux de l’élevage ovin notamment. Inn’OVIN accompagne aussi les éleveurs dans le suivi de leur troupeau et leur organisation de travail.

En savoir plus

La filière recrute

L’élevage ovin est  un réservoir d’emplois : 61% des éleveurs de brebis allaitantes et 39% de brebis laitières partiront à la retraite d’ici à 15 ans : c’est 46% de la production française d’agneau et 33% de la production laitière qui risque de disparaître. Le renouvellement des générations et l’installation d’éleveurs sont donc une priorité.
Ajoutés à cela, une nouvelle PAC, un marché et des prix favorables, tous les signaux sont au vert !
La perspective est souriante : de 8 000 à 10 000 installations dans les 10 années à venir et une opportunité d’installation saisie sur trois… Avis aux amateurs.

Le Mountain Business Summit (MBS)

La première édition du salon international sur l’économie de la montagne, le Mountain Business Summit (MBS) vient de se terminer.
Cette manifestation, qui s’inscrit dans la stratégie régionale, avait pour objectif d’accompagner les mutations des territoires montagnards, avec des défis comme la diversification de l’économie de montagne, la préservation des équilibres environnementaux… Défis relevés !

Pour en savoir plus sur le MBS

Liens utiles

  • Interbev : interprofession bétail et viande
  • Terre Ovine : coopérative qui collecte et commercialise des agneaux depuis le Gers jusqu’à l’Aude. Terre Ovine s’appuie sur le groupement qualité COPYC pour garantir la traçabilité des produits, ainsi que leur promotion.
  • Inn’OVIN Occitanie : animation de la filière ovine régionale.